dimanche 24 avril 2011

non so che



tenter de faire émerger quelques lignes un soir où rien ne se profile
pour on ne sait quoi
un non so che


une ribambelle de paroles avalanchent
tente de s'imposer

on ne laisse passer que quelques lettres

sans savoir qui décide

et, si on y réfléchit
se regarde
le silence se pose comme un nuage intermittent

une brume qui retient l'habitude des mots déjà invoqués



les chiens ne rient pas
les lianes poussent sans raison
comme s'érodent les rochers
comme s'avance cette interrogation que le sens déjoue



il y a 47 000 ans,
en Namibie

ils ont gravé cette image sur la roche
ils ont pensé qu'on la verrait




24 avril 2011

lundi 11 avril 2011

les fruits d'un jour


cet australien qui vient à mobylette au marché, un peu hirsute porteur de fruits du pays, qui boit un verre à la terrasse du coin, je l'ai inventé

inventé tout le reste

le marché pourtant égare ses passants entres les fruits en monticules étranges

quelle saison ?
les fraises ont l'air de murmurer
et l'australien à deux pas du marché ?





photo - un marché depuis longtemps, antibes

dimanche 10 avril 2011

il n'y avait plus rien

Photo Julien Pauthes de la série Et in Urbania ego






Il n'y avait que ces choses rangées, depuis les vieux itinéraires. Les impossibles silencieux.
Les racines d'eucalyptus oubliées .

Les ricochets engloutis.

Puis, ce vent a été croisé au hasard d'un clic, un lien.
Et d'un coup tout s'est déplacé, sans prévenir, comme dans les bourrasques soudaines qui dérangent les zones fragiles en y laissant cette trace toujours fluctuante .

Une marque entre des frontières effacées. Eclaircie sans aucune concertation.


Photographie
Julien Pauthe6/12/2011

un trait dans ce ciel




lignes - fragments de sens déployé - comment - cette trace - céleste- enfuie - enfouie - dans - l'indicible de tous les jours - frémit - Traverse - s'impose -dispose -interroge ?

ligne juste dénudée dans ce moment

les vendeurs de néons clignotent dans cette nuée - comme une marque toujours présente

combien de signes fourbus pour dévoiler l'envers des désirs détournés
delà à là

rebonds

et parole perdue à chaque fois

prise non lâchée - vert - grises les herbes

lâcher lâcher lâcher




crédit photo
Tir d'une roquette depuis la bande de Gaza, le 9 avril 2011.AP/Ariel Schalit
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/04/10/israel-et-le-hamas-cherchent-a-sortir-de-la-spirale-de-la-violence_1505592_3218.html#xtor=RSS-3208001?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

samedi 9 avril 2011

discontinuité et tiers inclus (somewhere)




tiers inclus -huile et collages équations/bois 2011







discontinuité - huile et collages équations sur bois Mars 2011




jeudi 7 avril 2011

des zèbres et ces murs - Printemps de Tunisie

















ocres les signes gravés dans le temps, équations sur la roche venues des pigments pilés venus d'on ne sait quelle pierre ou feuille
quand les murs deviennent question,


là le printemps des mots libérés dans la ville





ici les fresques de rues dévoilant les paroles tracées





l'image indéfinie recompose l'espace, renouvelle les passages possibles entre deux saisons





minuscules indices de possibles laissés
en témoignages étranges
qui parlent de ces saisons qui construisent les ruptures




les arcades paisibles où le sens réinvente ses ombres




traverse les gestes fossiles



ocres les girafes et les hommes buvant








Namibie - 27000 ans

mercredi 8 décembre 2010

Rementa - les chats de Luxe


Rementa

à Sheba et autres rementa


la tête dans le foin
étable crépie de rose
pour les dégustateurs d'images

les chats parfumés hantent l'écran
ruée vers le désir des diseurs de rêves orientés et autres confréries plastique

on ne dit plus rien
on regarde défiler les clips consommés
bouillon de plastique
de larme de sirène diffuse
parsemées sur les plages sans nom dans les courants du Pacifique

les vélos contre le mur ne disent que leur marque

les chats coiffés n'ont plus de ruelle à arpenter

juste le milieu cliquant des publicités confidentes des foules

Photo : ambre en lumière - dans la main

samedi 4 décembre 2010

ces moments hors d'intention


vers le chemin de l'ermitage, cap antipolis

c'est un moment où la lumière prend cette teinte bleu nuit profond, irradiant ses orangés imperceptible, dans l'invisible de notre regard

et aussi les bordures des maisons anciennes, campagne transformée en route.

les noisetiers y poursuivent leurs saisons en planquant des noisettes furtives

les bizarres fleurs archéologiques, passiflora suspendent leur moulin jaune et le pollen poudreux

certaines ombres y sont noires, comme des failles sous les pas, puis bleutées entre deux halos encore ocre

rien ne s'y passe
tout y survient , comme le passage d'un chat à moitié invisible qui croise la route entre deux jardins

on y parle des quantas, des fruits, des feuilles d'eucalyptus qui parfument le soir
guarda il mare comme e bello
des ruelles obscure surgissent avec d'autres barrières de bois où se balancent des oranges douces amères

un pèlerinage sans autel, juste le pas et la parole des marcheurs qui s'estompent et ne s'oublieront pas

jeudi 2 décembre 2010

les particules indéfinies - carrément NOUS !

et le monde déploie ses absurdes rayons, colorés, ajustés " c'est carrément vous ! dit sfr !"

Nous sommes ces nous qui bercent leur briquet à la demande sur les plateaux télé bigarrés et brillants

Carrément mous, chocolatés, acheteurs de céréales anti oxydées, de voitures pimpantes qui nous rendent heureux..

et on aime sur fb, on buzz, on parle sans savoir toujours qui parle.

Bonux a planté ses jouets dans les mémoires de nous-rêves. Danone a décidé qu'on se lève ! Depuis, il nous laissent le choix à la roue de la fortune, entre chocolat et kiwi ...

Carrément nous, volant dans l'univers indéfini, cyclique ou divin
avec les babioles lissées qui nous configurent
souvent

lundi 15 novembre 2010

il y a des lunes les dogons


l'homme rangé déroule toujours son tapis
oasis sévère de ses droites résolutions

marcher bien juste
poser son cartable bien net
effleurer seulement le clair de la lune
imager clairement ses propos
ne plus regarder par la fenêtre
manger juste assez

empiler des livres dociles dans une étagère alignée

lire le jour
dormir la nuit

planter ses drapeaux
bien arroser
et ne pas oublier de poster ses factures
à temps

histoire de ne plus se demander
de ne plus penser à la lumière des ombres

de ne plus marcher avec la tête penchée

il n'y a plus de falaises à grimper
des escalators numériques plombent son pas

les épaves ont rouillé dans son garage
les minutes ont déposé des poussières

mais celui-ci
dans une impassible résignation
continue  d'arranger l'imprudence
dans une installation répétée

vendue très cher dans les églises



image
IL PAESE DOGON: I villaggi

jeudi 11 novembre 2010

les passeurs qui s'ignorent


à @caffe_rouge

Il y a des mots qui s'échappent, composent leur propre itinéraire, rencontrent leur sens, mille jours après parfois.

Des regards qui transforment le sens toujours en mouvement.

Quand, ni comment la pierre a ricoché sur le bord d'une vague, brisé une vitre cloisonnante ?

Votre bâton de pèlerin n'est aussi que la trace de votre passage, de votre rencontre avec l'étonnement du chemin qui ne se raconte jamais,
qui simplement peut être envole la terre et les graines remuées par un pas .

Qui produit ses fluctuations - crée d'autres rives que les passeurs arpentent sur ces drôles de rivières qui nous construisent et redisent, dans le retour de cette pluie que l'érosion dirige et recompose...
image - V Hugo "vague"

jeudi 4 novembre 2010

le retour de l'astrologue



Il ne cherche plus le sous-marin du côté du marché, ni les pots de fleurs fluorescents

Sa recherche l'a emporté aux confins des inventions décalées, tentant juste debout à force de foulures et de torsions mentales.

Et puis, sa lunette pointée sur le balcon de la lune ordinaire, il n'a plus cherché aucun fanion pour montrer sa lumière, mais juste laissé tomber une de ces graines de lentille, celles qui redisent l'enfance dans des coupelles de coton arrosées


3 nov 2010












les toiles : repentirs et erosions 2007 - la simple feuille 2010


dimanche 17 octobre 2010

les îles de Lerins - les eucalyptus


Le bateau avait des bruits de bois vivant et la mer comme un jeu, casino flamboyant des écumes envolées..

Les baraques du quai, pour prendre la barque vers Saint Honorat. Les allées d'eucalyptus magistrales et les moines vendeurs de verveine ancestrale.

Il y a les baraques de glace, les parasols impassibles de l'hiver.

Les terrasses bavardes et les dessins des vagues ramenées.

Pas de lien, pas d'ipad là, juste le jeu des sables qui glissent au pied du monde.

juan les pins 14 10 10

hors du temps, l'impensable


et on parle toujours
des moments qui surgissent
qui d'un coup refont la trame des mémoires

là-bas
juste cette légère impatience

comme l'enfance redite des jours prometteurs

et la lointaine présence des embruns clamés
des pas

on parle toujours de l'entente

de la vérité qui miroite dans ses perceptions fictionnelles

rendues
réunies

les 4 nuages n'en disent rien

les loups des villes entrent sur l'autoroute

un bout de bois flotté circonflexe le ciel

juan les pins 14 oct 2010

lundi 27 septembre 2010

Exposition/Rencontre Circulations - texte de carol shapiro sur une installation de gilbert pedinielli 2010

art rencontre transmission
Texte Carol Shapiro sur
Diagonale de la folle de Gilbert Pedinielli




Carrioles et synesthésies - équation des incertains
ou Marilyn M., fulgurance infinie d'une étoile


Dérouler cette pente. Se laisser onduler par les courbes. Glisser. Dévaler. Se perdre.

Plus vite encore mais immobile. Rencontre en soi qui ne cesse de se dire. Présence qui nous reconduit. Nous enlève.

New York libère ses néons. Murmures confrontés, fracas qui brûlent.

Certains ont cherché le jour entre les miradors des volets clos, juste laissant passer ce qui ne touche pas. D'autres ont tout donné à la lumière. Mirages et sensations. Désirs troublés dans l'inquiétude de la cassure.

Descendre. L'air froisse la peur. Bouscule. Réinvente la route. La raison.

Ils ont regardé passer ces éclairs météoriques. Flambé leurs fines particules.

Qui a vraiment rencontré cette fragile clarté d'une face qui cherche à parler ? Cette légère irisation du regard dans l'entrebâillement du geste qui se perd. Qui s'éloigne.

Franchir encore, vertigineusement. Le bruit ne dit plus rien. Les mots s'estompent. Inflexion magnétique.

Avancer dans l'infini de la question. Traverser cette improbable distance qui réunit, s'imagine ?

Certains n'ont pas entendu la parole d'exil. Cette demande infime qui s'attardait pourtant dans son regard.

Comment oublier ces errances parcourues dans le vertige ? Compter les mesures de cette solitude que l'envol a soulignée.

Enfance baladée dans les virages. Une étoile indécise que la mémoire raconte, indéfiniment, dans ce temps impensé de l'espace qui s'étend. Aussi.

Onde et particule, ici et là bas à la fois. Introuvable et indéfinie.

299 792 458 m/s. traversée des photons. Le temps se dérobe. Une intime équation. Une carriole de bois qui roule.


carol shapiro - septembre 2010














Gilbert Pedinielli
Diagonale de la folle
Il y en a qui disent que les chiffres cela ne veut rien dire ...
2006
BOIS, Métaux, peinture, vernis
1M 20X 0M 65 X 0M 15.

www.caravancafe-des-arts.com/pedinielli-shapiro.htm

voir l'appel à contribution

www.caravancafe-des-arts.com/appel.htm





caravancafé - le site

mardi 21 septembre 2010

le monde dans l’occurrence de ses silences - 2008


publié dans le cadre du projet de Florence Jaboulin "sang paroles" - textes écrits sur des thèmes communs par des auteurs des deux rives de la Méditerranée - 2008

http://www.communic-art.com/main/r_evenements/revuearbre.php


Là-bas

La maison ruisselle d’étranges errances, de perceptions ténues, d’ombres imprécises.
Rien ne dit au vieil homme la longueur de ses jours, la clarté des chemins pâles, l’étendue dévoilée. Rien, l’océan à sa porte bat de toute son ampleur.

Il est si vieux que l’arbre a déjà déplacé les montagnes, redessiné les chemins de toutes les rives et cette solitude des berges traversées le conduit à retrouver le monde dans l’occurrence de ses silences, de ses voix différées ou présentes qui le renouvellent, même dans l’absence.

12 mai 2008


thème commun : Solitude - *image - huile et encres/toile - feuilles bleues-détail-2010

lundi 20 septembre 2010

charafi et autres kakis


... je l'avais oublié, ce mot, et d'un coup tout est revenu : les baraques et les boites pleines... de charafis... toutes ces bouts de choses oubliées, balancées dans un carton, dans un tiroir immense. Toute une vie accumulée.

et aussi toutes ces idées bien portantes puis devenues poussiéreuses , sans vie. D'un coup parfois une bécane revient, chargées de toutes ces sensations bricolées qui nous portaient sur la route. Sous la pluie même; Avec un vieux ciré jaune. Un charafi. Acheté dans un magasin oublié aussi, en Allemagne, peut-être ?

Et ces amoureux du jeudi croisés en solex. Cheveux flottants et regard frôlé.

Charafi ces travaux accumulés dans un coin d'atelier. Non-vus, planqués? Couverts de traces longtemps apposées.

Et d'un coup il y a un choc de vent. même pas. Là ce fut la vision d'un de ces blog où se superposaient des oeuvres en vrac, sans musique, juste posées plus loin que le désordre. Et tout y devenait charafi, rien de visible, sauf cette confusion qui masque ...

Bienheureux monde du charafi, de l'inexactitude qui est toujours à arranger. Parfois s'y alimente le son d'un vieux bateau, un de ces anciens qui clapotaient la mer.

Et, les couleurs sur la toile se charafent aussi, se bousculent, s'entre-mélangent dans d'improbables variations

Et toutes cette histoire se penche et bascule le sens, dans un chrafi métaphorique que seul le kaki, le fruit ocre du plaqueminier. Dans sa tranquille insolence saura contenir.