fragments d'incertitude
carol shapiro
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lundi 8 décembre 2014
depuis le bout de la rue
Ne rien attendre de cette grande camisole de blagues colportées par les vendeurs de son, mais aussi y naviguer, dans cette grande gondole fluctuante qui joue avec les garde-fous.
Se glisser dans les pollens dans fleurs planquées dans les bordures et y voir s'envoler des ailes de drôles de bestioles à rayures.
on ne se marre pas toujours dans les corridors
Le calendrier parfois prend des airs de carrosse d'acier, mais restent toujours ces bricoles
justement bricolées avec deux bout de bois et de la ficelle retrouvée dans le flou d'un tiroir à musique
Et là, les barques chavirent dans une écume fraîche et les courants des îles défont la grande complexité.
On flotte
bleu du sud et d'arctique complotent dans un ressac incorruptible
brassent ces idées contrefaites qu'on tentait de nous vendre
déjouent les calibres des mécaniques arborescentes et jaillissent d'étranges radicelles, surgissent des
briques de bois et de vent, des violons de ces brique et des santours tissés avec les grillages déployés
Ça flamboie avec le pollen jeune, jaune
Les débarcadères bruissent la mer de tous ces murmures portés dans le fracas des tempêtes par ces intimes voyageurs, liseurs de méridiens et de cartes marines.
et bien au delà souvent
dimanche 16 novembre 2014
le bleu qui traverse
![]() | |||
Sayed Haider RAZA Purush Prakriti Bindu, |
Pour France D. qui est partie rejoindre les galaxies parlantes, les fluctuations quantiques du cosmos, la marée et la parole qui se dit toujours, secrètement, dans le silence murmurant des présences toujours vivantes
Elle n'a pas voulu que le numérique la fige, mais j'ai voulu retenir ce reflet vivant de son passage, de notre dernière rencontre cet été, "magique" m'avait t-elle écrit, C'est de ses visages qui n'ont pas besoin d'être capturés pour vivre dans les coulisses vibrantes des mémoires.
"Les ailes du désir" est diffusé, là, dans la nuit, j'entends les acrobates, et l'ange qui a choisi le temple de la matière, et Colombo qui a vendu son armure pour 500 dollars.
France, elle, est repartie nager, sans rien, dans cette si belle présence au monde, ce don, écoute et poésie de chaque parole, regard.
Elle savait lire cet invisible dans une œuvre, cet espace en suspens qui lui parlait une langue singulière qu’elle donnait, qu'elle donne à voir, dévoiler, comme une prophétesse souvent.
Je ne parlerai pas longtemps ici de ce don fait qui m'a aidée à entrer "en peinture" de ces mots qu'elle m'a offerts comme un passeport à traverser les regards. Mais merci.
France était peintre aussi, elle à connu les toiles et les pages, la philosophie, les secrets du zen et les silences évadés de la psychanalyse, elle a témoigné, filmé, raconté la vie et l’œuvre d'artistes qui ne l'oublieront pas, je l'espère...
Et qui avanceront vers d'autres territoires, comme elle l'aurait aimé.
Elle transformait les moments du quotidien en instants de passages, toujours dans cette frontière entre poésie de la relation et inconnu, vertige de la découverte à venir..
Toujours prête à transmettre, à recueillir, à imaginer.
L’écriture lui "arrivait" disait elle. Elle se donnait à elle, elle n'avait plus qu'a saisir les signes et à nous redonner l'itinéraire de ces sillages. Mais pour cette réalisation, combien d'écoute, de sensibilité, d'attention, de cristal vers l'autre.
France aimait nager l'hiver dans la force des vagues, sans peur.
Je pense qu'elle traverse les murs maintenant, dévale l'espace temps, et nous dévoilera encore ces espaces qu'on ne peut que frôler et qu'elle a inlassablement arpentés pour nous en restituer la force et la liberté.
Voici un lien vers sa parole, ses derniers écrits, dons, encore.
16 nov 2014
Articles et films de France Delville sur art côte d'azur
Quelques lignes sur son parcours et son magnifique texte
![]() |
vallée de l'étonnement, vers là où elle marche encore - 2001 sur carte marine |
Une rencontre a eu lieu au château CIAC de Carros le 24 novembre 2014, en hommage à notre très chère France.
Ses amis ont écrit et lu des textes en sa mémoire.
Ci
dessous le texte de Gilbert Pedinielli qui n'a pas été lu et qui nous rappelle la force
d’écoute sensible de France, son parcours artistique, politique et humain de passeur entre ...
Je le
remercie de m'avoir représentée à Carros et d'avoir lu mon texte, écrit il y a
des années, mais qui semblait l'avoir rencontrée.
France DELVILLE
J’ai connu France dans les
années 75, pas du tout dans le circuit de l’art, mais à IBM, à l’occasion d’une
visite de groupe au centre de Design.
C’était encore l’époque flamboyante des hippies, longue robe et Bandana dans les cheveux : ce qui fut une attraction dans le milieu des costumes trois-pièces-cravatés.
40 ans déjà, coucou nous revoilà !
Les années passant, chacun continuant son chemin, nous nous retrouvâmes sur les voies escarpées de l’art de l’arrière pays niçois au sujet d’une exposition : « les femmes en guerre », titre qui l’avait titillée. Je dus passer à l’interrogatoire qu’elle savait si bien mener. Sa première écriture sur mon travail.
Bien sûr, la galerie De La
Salle était un lieu de rendez-vous régulés par les vernissages.
« Tu ne m’appelles
jamais, France ! » « Oh, le Corse ! ». Pas très intellectuel.
Nous nous revîmes plusieurs
fois par semaine à la fin des années 90 avec la fondation de l’ADN pour lutter
contre la venue de Le Pen à Nice.
Après, elle intensifia la
psychanalyse, je me remis à fumer.
Le début de ce siècle fut une
période élastique et dure. Chacun ses
problèmes. Avec rencontres tangentes ou
sécantes suivant les aléas de l’art.
Et comme par hasard, c’est
quand on vieillit que l’on fait encore plus attention à l’autre.
Marylin M. scella une
amitié. Elle écrivit, elle filma, elle
analysa deux de mes expositions.
Toujours en urgence. mais toujours près du travail. Avec son temps serré, elle en fit une somme.
Anecdote :
Face à sa caméra, je lui
racontai ma rencontre juvénile avec la star à Nice. Le temps n’existait plus. J’étais emporté dans mes mensonges devenus
réalité et je ne voyais pas ses larmes qui coulaient. Elle, cachée derrière la machine. Après, tous les deux gênés.
Une femme qui pleure quand on
lui raconte une belle histoire d’amour ne peut être foncièrement mauvaise
malgré la psychanalyse.
Toi, tu n’as pas vu nos pleurs.
Gilbert Pedinielli
nov 2014
Ci dessous mon texte écrit pour France en 2000., ce texte l'avait touchée et elle avait exprimé un souhait,(...) le voici, toujours à son écoute aussi ...
passagère
de
l’entre deux
déjouant
les pesanteurs
sa
pensée, matière éclairante
trouve
le juste lieu
sa parole
ouvre des clairières
des
silences vibrants
des
profondeurs questionnantes
sculpteur
des signes et des lumières
elle
redonne ses formes à la voix qui se tait
à France
je ne sais pas le temps de
son histoire
posée, partie, allant vers
de drôles de clartés
étrange, étrangère,
elle écoute le vent venus d’autres déserts
les sables l’interrogent
et dénouent leur splendeur
je ne sais pas le lieu de
sa mémoire qui emporte les éclats de pensées silencieuses
qu’elle écoute
une autre ville
d’autres lieux
une fontaine d’invisible
baigne ses dires
pensée quantique
ici et là-bas,`frôlant les
miracles et les douces dérives
elle ramène en un lieu
dans une tranquille
révélation
ces mondes enfouis et les histoires
de ces gens
qu’elle connait ou qu’elle accueille
en un lieu ou les mots se
chargent de vie
simplement
je ne sais pas pourquoi
son regard transforme
les contours de nos lieux
indicibles
comment son geste relie
les jours ?
mais ce fil qu’elle tisse
dans le fracas des
mémoires incertaines
je l’ai rencontré
ce n’est pas un fil, pas un souvenir
qui redit ses mémoires
c’est le neuf
la force du présent qui
nous invite à la rejoindre
dans sa parole passagère
cs, avril
2000

ph. G. Pedinielli

vendredi 30 mai 2014
le champ des événements
la porte fracassée est ouverte
le bois s'éclipse et laisse les radicelles à pousser
on entre dans cet espace
un champ tissé par les premières formes de vies
plantées dans la vase salée
et on regarde passer le flot des étoiles qui ont dévié les météores
les coïncidences heureuses qui ont illuminé les labyrinthes
là, deux millimètres de plus nous conduisent dans les bois tapageurs
où grandissent les penseurs qui donnent la bonne aventure
inventeuse de chants
et cette musique un peu décalée
semble vouloir nous conduire
mais dans cet infini des possibles qui sème des tapis de casino fous
la roulotte avance
la roulette croit tout savoir
se demande comment elle a trouvé la martingale
une martingale imaginée avec les pierres éboulées des temples de la commedia dell'arte
mais c'est le son d'un abricot qui heurte le tambour
On a écrit un paragraphe à l'aube, avec les herbes plantées dans de vieux pots de terre rouges, ces vieux-là posés sur les rebords de fenêtres pour espérer.
On a marché des kilomètres de sens dans la plaine des tournesols qui nous regardaient toujours.
On se marre. Il y a l'étang qui lorgne sur la rivière, qui peut-être deviendra un lac. Je ne sais pas si ça arrive.
Mais dans ce chant là, les lanceurs de sorts, les liseurs de recommencements brodent des dentelles si fines qu'elles en deviendraient des œuvres sacrées
ces choses qu'on vénère pour aller à a rencontre des dieux
Il y a un envol de coccinelles qui cherche un champ de lavande. Parfum léger des brins bleus
Il y a dix milles herbes cent milliards d'herbes qui cherchent leur place. Et les lanceurs, les flambeurs, les inventeurs de mondes fermés complotent en croyant découvrir
Le joueur de dés rigole.
Il a sillonné tous les tripots des iles. Il a joué sa fortune et grillé des cigares.
Bu la liqueur des fleurs du soir. marche sur l'eau, même, peut-être ?
30 mai 2014
photo atelier vrac 29 mai 14
photo atelier vrac 29 mai 14
mercredi 30 avril 2014
Toile sans anecdote du cheval jaune
via Les cosaques des frontières"
lescosaquesdesfrontieres.com/2014/04/30/toile-sans-anecdote-du-cheval-jaune/
lundi 21 avril 2014
Là où prend source le regard.
La fille à tête d’interlude ne se demandait plus rien, juste faire, aller
vers, rencontrer le présent dans sa multiplicité d’interprétations. Jouer de
poésie dans les lignes du jour.
Ne se demandait plus comment être au mieux, comment aimer, comment
devenir. Tout cela s’était envolé dans des fracas venus des orages du centre de
son être.
Là où prend source le regard. Le regard intérieur qui voit, de la planète
au microbe, du papillon à la vague.
Mais elle, elle jouait à la marelle avec les lanceurs de dogmes vénéneux.
Coup de galet au loin ! Je dis, on s’imagine, une jeune femme un peu volatile,
éthérée et joueuse.
Elle, mais en fait, c’est une vieille dame, une dame qui a arpenté les
jours à force de tribulations, qui s’est usé les yeux dans
l’inacceptable.
Mais qui a aussi compris le chien qui passe, le chat errant. L’oiseau qui
grappille. L’enfant qui rigole avec un air d’avoir tout saisi.
Elle a aussi balancé les bons de réduction. Toutes les réductions, qui nous
marchandent dans les gondoles des hypersouks sans âme.
Pourtant, la colère, l’indignation profonde la remuent. Pas pour écrire un
bouquin ni simulacrer à la télé. Mais pour tenter de tenir dans cette planète
qui arrache les fils de la trame de son étoffe, qui déchire les enfants de ses
miracles venus de l'eau et d’un météore tombé en mer, porteur de vie.
L’autre fois, dans le miracle d'une marche sans raison, elle a trouvé un
oiseau. Un oisillon tombé d’un nid. Immobile et silencieux.
Et dans ses mains, sa poche, l’a ramassé, nourri, soigné et libéré.
L’autre soir, elle a planté un olivier dans un jardin public, un abricotier
dans un champ, un noisetier dans une bassine où elle lavait ses fils.
Et, la dame marche, marche sans arrêt… Dans l’impensable de planètes
folles, dans l’indéchiffrable de ces dieux bagarreurs, dans l’infini de la
science qui réinvente la magie de l’homme. Sans la poésie des anges.
Elle n’a pas de barre pour protéger sa porte, elle ne s’achète pas de
foulards soyeux. Elle ne fait que marcher. Avec l’autre. Pour l’autre,
peut-être ?
21 avril 2014
dimanche 20 avril 2014
Théorèmes poétiques Basarab Nicolescu Dissémination avril 2014

Théorèmes poétiques
Basarab Nicolescu
"(...) Une dissémination sur le
thème de la Frontière pour donner à voir, lire, entendre ces passeurs qui
arpentent la toile, cette autre trame du monde, là où les marges deviennent vibration
d’un silence vivant. Dans ce vide insondable d’où surgissent les particules fluctuantes
de la matière et du sens. (...) " extrait de la présentation
Contrebandiers des invisibles
![]() |
Mircea Cantor – Sic Transit Gloria Mundi – 2012 – courtesy l’artista & Yvon Lambert, Parigi & Dvir Gallery, Tel Aviv |
La frontière
questionne beaucoup de concepts archaïques, parmi les plus fondamentaux,
des regards, des peurs, des sensations, des certitudes. Rassure notre présence/réalité dans les pesanteurs et apesanteurs du cosmos. ► voir le thème de l'être la frontière
La frontière
nous conduit vers ces limites, ces interrogations, ces imaginaires qui nous
constituent et que certains tentent d'opposer, d'utiliser, de manipuler, osons
le terme, pour défendre des idéologies populistes ou totalitaire.
Traversées donc, vers d'autres
passages transversaux à la rencontre de Basarab Nicolescu qui est
aussi un véritable passeur, entre science et philosophie, et humanisme, bien
sûr, et fondamentalement. Il défend l'indispensable, position, posture, de
l’"humain au centre de la science."
Son livre "Théorèmes
poétiques" ne fait pas partie de ses écrits et recherches
habituels. Et c'est cet inattendu qui m'a aussi amenée à
choisir ce livre ...
Ces Théorèmes,
comme lorsqu'il dit "les mots sont des "quantas", nous
embarquent, nous enlèvent, produisent un arrêt, une rupture à la manière
des Koans zen. Créent des interstices où un sens nouveau s’infiltre et irrigue
...
Basarab
"porte du bois, puise de l'eau, quelle merveille naturelle !"pourrait-on
dire aussi, comme dans ce Haiku, car il écrit comme il interroge le monde
: ouvertement, simplement, naturellement. Comme il lutte aussi contre les
glaciations scientistes et les dangers qui en découlent.
J'ai donc pensé, pour ce thème sur "frontières et ouvertures", à cet inlassable chercheur planétaire qui dénoue les regards de l'habitude. Basarab Nicolescu est physicien théoricien (et bien d'autres titres prestigieux que vous trouverez ici) et Président du Centre International de Recherches et Études Transdisciplinaires, qu'il a créé, mettant peu à peu en place, avec les membres/chercheurs du CIRET, une véritable méthodologie transdisciplinaire.
Il a organisé de nombreux colloques et explore depuis des années la vision transdisciplinaire. Celle qui "va entre et au delà des disciplines".
Une approche transdisciplinaire du monde qui démonte les cloisonnements, fragmentations, et déploie le sens au travers d'un doute vivant, vibrant, pensant, toujours renouvelé, une réalité toujours questionnée. Interrogation à l'infini qui empêche les dogmes de s'infiltrer, de stratifier peu à peu les systèmes fixes.
Ces attitudes
immobiles/inflexibles de défense/attaque. Loin de l'incertitude poétique qui
dialogue avec les fluctuations vivantes du sens. Même dans les contrées les plus éloignées et
complexes de la science qui nous raconte, aussi.
"Toute tentative de réduire l'être
humain à une définition et de le dissoudre dans des structures formelles,
quelles qu'elles soient, est incompatible avec la vision
transdisciplinaire." art 1
Basarab
Nicolescu a rencontré de nombreuses personnalités du monde de la science, de
l'art, de la philosophie,- dont Edgar Morin son grand ami co-fondateur du
ciret, comme tant d'autres personnalités du monde de la religion, de la
philosophie, de la poésie, de la sociologie et des sciences de l'éducation
- qui ont rejoint le CIRET _ aussi, pour mettre en
lumière, vers un public de plus en plus nombreux, cette vision transversale du
monde qui change radicalement nos perspective et ouvre des chemins
d'étonnements. Hors contradiction binaire. Vers l'autre.
Des lumières
ordinaires qui deviennent poésie pure : des lieux où la parole traverse
les disciplines, ouvre les esprits, parole dans le sens de forme
vivante, de forme/poésie, au delà du "mot" balisé, du
"discours" rabâché ...
Nous n’aborderons
pas ici les piliers de la visions transdisciplinaire : la complexité,
les niveaux de réalité, le tiers inclus, la discontinuité. Mais je vous
renvoie vers le site du CIRET où ces thèmes sont éclairés. En voici quelques passages...
Extrait du livre LA TRANSDISCIPLINARITÉ -
Manifeste,
par Basarab Nicolescu
Éditions du Rocher, Monaco - Collection "Transdisciplinarité"
La transdisciplinarité concerne, comme le
préfixe "trans" l'indique, ce qui est à la fois entre les
disciplines, à travers les différentes disciplines et au delà de toute
discipline. Sa finalité est la compréhension du monde présent , dont un des
impératifs est l'unité de la connaissance.
Y a-t-il quelque chose entre et à travers
les disciplines et au delà de toute discipline ? Du point de vue de la pensée
classique il n'y a rien, strictement rien. L'espace en question est vide,
complètement vide, comme le vide de la physique classique. Même si elle renonce
à la vision pyramidale de la connaissance, la pensée classique considère que
chaque fragment de la pyramide, engendré par le big bang disciplinaire, est une
pyramide entière ; chaque discipline clame que le champ de sa pertinence est
inépuisable. Pour la pensée classique, la transdisciplinarité est une absurdité
car elle n'a pas d'objet. En revanche pour la transdisciplinarité, la pensée
classique n'est pas absurde mais son champ d'application est reconnu comme
étant restreint.
En présence de plusieurs niveaux de
Réalité, l'espace entre les disciplines et au delà des disciplines est plein,
comme le vide quantique est plein de toutes les potentialités : de la particule
quantique aux galaxies, du quark aux éléments lourds qui conditionnent
l'apparition de la vie dans l'Univers.
La structure discontinue des niveaux de
Réalité détermine la structure discontinue de l'espace transdisciplinaire, qui,
à son tour, explique pourquoi la recherche transdisciplinaire est radicalement
distincte de la recherche disciplinaire, tout en lui étant complémentaire. La
recherche disciplinaire concerne, tout au plus, un seul et même niveau de
Réalité ; d'ailleurs, dans la plupart des cas, elle ne concerne que des
fragments d'un seul et même niveau de Réalité. En revanche, la
transdisciplinarité s'intéresse à la dynamique engendrée par l'action de
plusieurs niveaux de Réalité à la fois . La découverte de cette dynamique passe
nécessairement par la connaissance disciplinaire. La transdisciplinarité, tout
en n'étant pas une nouvelle discipline ou une nouvelle hyperdiscipline, se
nourrit de la recherche disciplinaire, qui, à son tour, est éclairée d'une
manière nouvelle et féconde par la connaissance transdisciplinaire. Dans ce
sens, les recherches disciplinaires et transdisciplinaires ne sont pas
antagonistes mais complémentaires.
Basarab
Nicolescu n'est pas seulement un théoricien, chercheur
transdisciplinaire, il a aussi, et il l’explique dans divers interviews
donc celui de Cristina-Hermeziu, traversé une
étrange période où la poésie lui a fait signe.
Il s’interroge encore avec
humilité sur ces moment où les phrases surgissaient, où ces théorèmes
poétiques que nous présentons ici, venaient vers lui, et se posaient
librement sur la page, ce qui n'est pas le fonctionnement habituel
reconnu par les "scientifiques" .
Voici quelques uns de ces Théorèmes
poétiques que j'ai choisis, et dont pourrez retrouver l'intégralité du
texte en ligne.
Extraits des Théorèmes poétiques
Niveaux
de Réalité
La Vallée de l'Etonnement -
l'abime entre deux niveaux de réalité.
La Nouvelle Renaissance - émergence de la
réalité
incarnée de plusieurs niveaux de Réalité
la soudaineté de l’événement de l’être est
le signe de l’imprévisibilité de
l’inconnu.
La liberté c’est la discontinuité.
La discontinuité donne un sens à la vie
de l’homme.
Le mouvement nait de l’interaction
contradictoire entre la causalité locale
et la
causalité globale. La nature du mouvement
explique l’existence d’une loi impitoyable
:
tout ce qui n’évolue pas doit
nécessairement
involuer et finir par disparaitre.
Une formulation intelligible de la
causalité
locale : à chaque cause est associé, à
long
terme, un effet contraire à celui qui est
prévu au moment de l’action. L’histoire
du monde devient ainsi compréhensible.
Le mot vivant : éclair traversant en un
seul
instant tous les niveaux de Réalité
À chaque niveau de Réalité est associée
une
causalité locale bien déterminée. Le
miracle
devient ainsi possible. Il est possible
mais
très peu probable. Le miracle est
l’action,
conforme aux lois, d’un niveau de Réalité
sur un autre niveau de Réalité. Exemple :
le miracle quantique qui rend possible
l’existence de l’univers.
Pratiquement tous les philosophes de
toutes
les époques ont passé leur temps à nier
les miracles. Ainsi nous sommes arrivés
naturellement à nier notre propre
existence
qui est le miracle des miracles.
Élémentaire erreur de logique.
Le mot « tempête » évoque la rencontre
(tumultueuse et lumineuse) entre deux
niveaux de Réalité. Est-ce pour cela
que Shakespeare a écrit La Tempête ?
Le vrai sens de la fête : pénétration d’un
niveau de Réalité par un autre niveau de
Réalité. Le monde est rempli de miracles.
Ce sont eux qui constituent la dimension
poétique de l’existence.
la
poétique quantique
L'imaginaire quantique est la circulation énergétique
entre deux ou plusieurs niveaux de Réalité
reliés par la discontinuité. L'inspiration
poétique est
la perception de la respiration solidaire
des différents
niveaux de réalité
De toute évidence les mots sont des quantas.
La pleine lumière sur la lumière contradictoire entre le dit et le non-dit,
le son et le silence, l'actuel et le
potentiel,
l'hétérogène et l'homogène, le rationnel
et l'irrationnel.
Complémentarité contradictoire intégrée
en nous mêmes par le tiers secrètement
inclus.
le tiers secrètement inclus
L'espace-temps poétique est la trace dans
l'espace et
dans le temps du non-espace et du
non-temps
la richesse est une visualisation
spectaculaire de
l'exclusion du tiers secrètement inclus.
Les guerres, les révolutions, la famine,
la haine ne sont que les compléments de
cette image.
La
source cachée en est toujours la logique binaire.
L'imaginaire quantique est la circulation énergétique
entre deux ou plusieurs niveaux de Réalité
reliés
par la discontinuité. L'inspiration
poétique est la perception
de la respiration solidaire des différents
niveaux de Réalité.
De toute évidence les mots sont des
quantas.
La pleine lumière sur la lumière contradictoire
entre le dit et le non-dit, le son et le
silence,
l'actuel et le potentiel, l'hétérogène et
l'homogène,
le rationnel et l'irrationnel.
Complémentarité contradictoire intégrée en
nous mêmes
par le tiers secrètement inclus.
►Vous aussi trouverez ce texte sur Scrib
Basarab Nicolescu a eu aussi l'amabilité de me faire parvenir une vidéo qui présente Les Théorèmes avec les Illustrations de
Mircia Dumitrescu
Traduction du français par / Traducere din
franceză de: L.M. Arcade
Conception graphique par / Concepţie
grafică de: Mircia Dumitrescu
Bucarest -- 2013 -- Bucureşti
Editions / Editura: Curtea Veche
Publishing
Montage / Montaj: Cristina Poterășoiu
Traduction de LMArcade
les illustrations de Mircea Dumitrescu, un graphiste reconnu.
Je vous renvoie
aussi à une page de caravan et à la belle postface
de Michel Cazenave dans la première édition du livre. Ce texte avait été
présenté dans le cadre de "tissages" un appel qui
propose de mettre texte et œuvres en résonances. Vous y trouverez
aussi une interview Basarab Nicolescu par Brigitte Maillard
LAMPEDUSA
Dans la seconde partie de de ce thème
consacré à la Frontière, je remercie Daphné Bitchatch d'avoir fait
"don" à la #webassoauteurs, pour publication, de
ces toiles peintes après le drame de Lampedusa qui m'avait aussi conduite à
repenser la frontière dans sa dimension humaine. Là où la barbarie inhumaine devient peu à peu "ordinaire" ! .

Du feu dans l’eau
(Lampedusa)
Elles ont été peintes le lendemain de ce drame en Octobre 2013.
« Du feu dans l’eau » car l’impossible était arrivé, des larmes,
des cris, des corps avaient brulé jusqu’à se noyer dans l’indifférence,
à quelques lieues d’autres hommes, qui dans leur maison n’ont bougé.
De transparences imparfaites aux dévoilements déchirés, plus de trois cent corps, du feu et de l’eau que rien n’effacera à jamais de la mémoire de vivre.
Lampedusa ton nom de Sicile me faisait rêver de soleil et de vents, Agrigente...
Lampedusa, l’écriture de la mer à à jamais de se taire
D.B.
Lampedusa Beach de Lina Prosa
25.02.2014 - 23:00Traduction de Jean-Paul Manganaro
Réalisation Catherine Lemire
Une embarcation transportant des réfugiés coule dans le détroit en face de Lampedusa. Alors que la plupart d’entre eux se noient et que le silence se fait, une jeune femme, Shauba, parvient à s’accrocher à ses lunettes de soleil comme à une bouée de sauvetage, le temps de raconter, dans un long monologue à la poésie abrupte, son odyssée : le temps de l’espoir, celui de la préparation, de la traversée et de la mort. Avant de sombrer au fond de la mer, elle trouve la force d’interpeller les dirigeants de ce monde – qu’ils soient européens ou africains – face à la tragédie qu’elle personnifie.
Cette pièce est publiée aux Solitaires intempestifs. Elle constitue le premier volet d’un triptyque : « Lampedusa Beach/Lampedusa Snow/Lampedusa Way ».
Avec
Céline Samie (Shauba) de la Comédie Française
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